Chloé laisse Mégane seule avec son père, Marc, pour le rapprocher de Jessica. Cuisine partagée, gestes trop proches, invitation à la fête : le plan ne se déroule pas complètement comme prévu.
Proposée le 25/08/2026 par Vincent20100
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Thème: Première fois
Personnages: FH
Lieu: A la maison, intime
Type: Fantasme
Quelques jours plus tard, la dernière épreuve du bac était passée. Chez Marc, le père de Chloé, la lumière de fin d’après-midi entrait encore dans le salon quand Chloé se leva brusquement du canapé.
« Bon… je monte ranger mon linge. »
Elle n’attendit pas de réponse. Juste un regard un peu trop appuyé vers Mégane : à toi de jouer. Avant de disparaître dans l’escalier en montant les marches deux par deux.
Marc resta un instant immobile, puis un sourire en coin apparut.
« Ça », dit-il en se tournant vers Mégane, « ça veut dire qu’elle a quelque chose à me demander… et qu’elle a compris que je ne marcherai pas si c’est elle qui insiste. »
Mégane rit doucement, un peu gênée.
« Elle n’est pas si… »
« Manipulatrice ? » acheva-t-il sans méchanceté. « Si. Je la connais par cœur. Toi, au moins, tu as l’air de poser les questions pour de vrai. »
Il passa en cuisine.
« Tu restes dîner ? Chloé ne m’a pas prévenu que tu serais là. »
Mégane éteignit la télévision et hésita une seconde, pensant à sa mère. Elle n’avait aucune idée de l’heure à laquelle Jessica rentrerait, ni même où elle était.
« Je devrais rentrer, normalement. Mais… je ne sais pas trop à quelle heure ma mère sera là. »
Marc ouvrit la réserve, en sortit des légumes et répondit sans même se retourner :
« Reste. Au pire, je dirai à ta mère que c’est Chloé qui t’a invitée. Elle ne m’en voudra pas. »
Mégane sourit, un peu plus franchement cette fois, et s’approcha du plan de travail.
« D’accord. Je vous aide alors ? »
Il lui tendit une planche et un couteau. Leurs doigts se frôlèrent une fraction de seconde, un simple accident. Mégane retira la main un peu trop vite et se concentra sur une carotte comme si sa vie en dépendait.
Au-dessus d’eux, on entendait Chloé ouvrir et fermer des tiroirs avec un zèle suspect. Elle ne redescendrait pas de sitôt : elle avait compris la leçon. Son père se méfiait d’elle. Autant laisser Mégane avancer seule sur le plan.
« Tu coupes trop petit, dit Marc en jetant un œil à sa planche. On n’est pas en train de faire une brunoise pour un resto. »
Il s’approcha pour corriger le geste. Sa main large recouvrit celle de Mégane, ses doigts englobant les siens pour redresser le couteau.
« Comme ça. Plus large. Laisse le couteau faire le travail, ne force pas. »
Sa voix était grave, juste derrière son oreille. Son torse effleura le dos de Mégane. Une chaleur diffuse se répandit dans le ventre de la jeune fille, une onde lente, sournoise, qui fit se contracter doucement son bas-ventre. La paume de Marc était chaude, sèche.
L’odeur de sa peau, mêlée à celle du céleri et du savon, envahit l’espace de Mégane. Elle retint son souffle, doigts crispés sur le manche. Sous son t-shirt, ses tétons se tendirent, ce picotement familier qu’elle n’avait plus ressenti avec Kevin depuis des semaines.
Marc se recula aussitôt, ignorant totalement l’effet discret qu’il venait de produire.
« Désolée… » murmura Mégane, la voix plus basse qu’elle ne l’aurait voulu.
Elle dut reprendre son souffle. L’image de cette main masculine, autoritaire et guidante, resta gravée. Elle imagina, l’espace d’une fraction de seconde, cette même main ne tenant plus le couteau, mais s’attardant sur sa taille, descendant plus bas… La pensée, fugace et interdite, lui fit monter le sang aux joues et créa une lourdeur nouvelle, à peine perceptible, entre ses cuisses. Juste assez pour la troubler. Pas assez pour la trahir.
Il sourit.
« Tu n’as pas l’air très à l’aise avec un couteau. »
« Ma mère cuisine presque tout le temps. Moi je… regarde, surtout. Enfin… parfois. »
Il hocha la tête, sans juger. Ses gestes étaient précis, économiques. Épaules larges sous un simple t-shirt sombre, avant-bras marqués par l’effort tranquille de quelqu’un qui sait ce qu’il fait de ses mains. Mégane détourna les yeux vers l’évier.
« Au final, tu cuisines plus avec moi qu’avec ta mère », conclut-il en riant.
Elle se rappela pourquoi elle était là, le plan de Chloé.
« Au fait, reprit-elle d’une voix qu’elle espérait naturelle. Pour la fête de fin de bac… vous devriez vraiment venir. »
Marc ne leva pas les yeux de son oignon.
« On en a déjà parlé… Mais alors, c’est une fête de bac ou d’anniversaire ? Qu’est-ce que j’irais faire au milieu d’une horde de lycéens ? »
« J’ai eu dix-huit ans ce week-end. C’est une fête pour le bac, mais je fais les deux en même temps… Il n’y aura pas de lycéens : on l’aura le bac. On sera étudiantes. »
Marc sourit et la contredit aussitôt :
« Étudiantes ? Pas encore… »
Mégane fit semblant de ne pas relever.
« Ma mère sera là. Et peut-être d’autres parents. » Elle avala sa salive. « Chloé m’a dit que… enfin, que vous sortiez peu. Que ça vous ferait du bien. »
Marc fit mine de nettoyer l’épluche-légumes et demanda, l’air de rien :
« Chloé t’a monté la tête pour me caser avec ta mère. C’est ça ? »
Mégane rougit jusqu’aux oreilles et essuya la planche en frottant trop fort.
« Je… on s’est juste dit que vous étiez tous les deux seuls, et que… »
« Que ça irait bien ensemble. » Il n’avait pas l’air furieux, simplement amusé malgré lui. « Tu n’es pas obligée de porter ses combines, Mégane. Si ta mère a envie de rencontrer quelqu’un, elle n’a pas besoin qu’on lui organise un casting dans son salon. »
« Ce n’est pas un casting. »
« Non. C’est une embuscade. »
Silence. Dehors, un scooter passa. Dans la cuisine, l’odeur des oignons chauffait déjà dans la poêle. Mégane essuya la planche pour la deuxième fois.
« Elle est… spéciale, ma mère. Elle fait comme si tout allait bien. Mais je vois bien qu’elle s’ennuie. Qu’elle se sent seule. Et… comme moi avec Kevin… » Elle s’interrompit, la gorge serrée. « Kevin m’évite. Alors je me disais qu’au moins, si quelque chose de bien arrivait pour elle… »
Marc la regarda plus doucement.
« Les garçons de ton âge sont souvent maladroits. Peut-être qu’il a une nouvelle occupation qui le passionne. Et pour ta mère… » Il hésita. « Je ne dis pas non pour toujours. Je dis que je n’aime pas qu’on me pousse. Surtout par Chloé. »
« Et si c’est moi qui vous invite ? Pas elle. »
Le coin de sa bouche se plissa.
« Toi, tu joues plus fin. »
Ce n’était pas un compliment anodin. Mégane sentit une chaleur lui monter le long du cou. Elle essaya de rire pour déminer.
« Je ne joue pas. »
« Tout le monde joue un peu », répondit-il simplement. Puis, plus bas, presque pour lui-même : « Même ceux qui croient être sincères. »
Il se remit à cuisiner face à la plaque. Elle ramassa les épluchures. Leurs silhouettes se croisaient dans le petit espace entre le plan de travail et la cuisinière. Une fois, pour attraper le sel au-dessus de sa tête, il se pencha près d’elle. Elle sentit sa chaleur, l’odeur propre de sa peau, le savon ordinaire, quelque chose de vivant et d’adulte que Kevin n’avait pas.
Son cœur tapa trop fort. Ce n’était pas le plan.
Le plan, c’était Jessica et Marc. Un dîner. Une fête. Deux solitudes qui se reconnaissent. Pas elle, debout dans cette cuisine, les joues brûlantes parce qu’un homme de l’âge de sa mère venait de dire « toi, tu joues plus fin » d’une voix grave qui lui avait traversé le ventre.
« Tu peux me passer les tomates ? » demanda-t-il.
Elle obéit. Leurs doigts se touchèrent encore. Cette fois, elle ne retira pas la main tout de suite, une demi-seconde de trop. Lui n’y vit sans doute rien. Il remercia d’un signe de tête et continua.
En haut, la musique de Chloé s’éleva derrière une porte fermée. Simple tactique.
« Elle ne redescendra pas avant qu’on l’appelle pour manger, dit Marc. Elle croit que je ne vois pas le manège. »
« Et vous voyez tout ? »
Il croisa son regard. Dans le sien, aucune mauvaise intention, mais plutôt une bienveillance un peu lasse, celle d’un père qui a déjà trop donné et qui se méfie des pièges affectueux.
« Pas tout. Mais assez. »
Mégane baissa les yeux. Ce n’était plus seulement le plan de Chloé qui l’occupait. C’était la ligne de sa mâchoire quand il se concentrait. La façon dont sa voix posée avait remis Chloé à sa place l’autre jour. La solidité tranquille de ses gestes. Et cette idée interdite, presque ridicule, qui s’installait malgré elle : et si ce n’était pas avec sa mère que Marc devrait passer une soirée ?
Elle chassa la pensée, comme on chasse une mouche.
« Donc… pour la fête ? » insista-t-elle, s’accrochant au prétexte. « Venez. Même une demi-heure. Ma mère sera contente d’avoir un adulte avec qui parler. Et moi… » Elle chercha ses mots. « Moi, je serai rassurée de vous savoir là. »
Marc resta silencieux un long moment. La poêle crépitait.
« Je vais y réfléchir, dit-il enfin, sans promesse. Et sans que Chloé me vende la soirée comme un speed dating parental. »
« Marché conclu. »
Il lui tendit un ustensile long et fin, une spatule à manche lisse, encore graisseux. Elle s’approcha de l’évier. L’eau chaude coula sur ses poignets. Elle savonna le manche d’abord, puis le fit glisser entre ses paumes humides, de bas en haut, de haut en bas, dans un cycle d’un geste lent et régulier, comme pour l’astiquer jusqu’à le faire briller. Ses doigts se refermaient, remontaient, redescendaient le long de la tige luisante, le pouce effleurant le bout arrondi.
Marc posa un instant le regard sur ses mains, une seconde, deux tout au plus. Rien ne se lut sur son visage. Peut-être ne voyait-il qu’une gamine qui rinçait la vaisselle pendant qu’il pesait encore l’invitation à la fête. Peut-être autre chose, vite refoulé. Il ne dit rien.
Dans le carreau de la fenêtre, elle entrevit leur reflet côte à côte : elle, petite, les cheveux encore en bataille, occupée à ce va-et-vient inconscient ; lui, plus grand, calme, inaccessible pour de bonnes raisons.
Marc se déplaça derrière elle pour atteindre le placard. Il passa si près que son torse effleura à nouveau son dos.
« Pardon, Mégane. »
Un instant plus tard, Marc était déjà au salon, sans arrière-pensée. Mais dans la tête de Mégane, il ne cherchait ni assiette ni sel. Il s’immobilisait derrière elle, l’enfermant entre ses bras et le bord de l’évier. Elle l’imaginait posant ses mains sur ses hanches, la collant contre lui, sa voix grave murmurant à son oreille qu’elle était très douée pour passer les tomates et astiquer la spatule. Elle sentit presque le poids de son bassin contre ses fesses, la chaleur de son souffle dans sa nuque, et cette envie folle, absurde, de se laisser aller en arrière, de s’abandonner contre son torse pour voir ce qu’il ferait...
Chloé finit par redescendre l’escalier au moment où Marc dressait les assiettes. Elle cligna de l’œil vers Mégane, victorieuse par avance. Mégane s’efforça de sourire comme si de rien n’était. Elle chassa son fantasme comme on repousse un fantôme. La réalité la rattrapa aussitôt : Chloé était là. Marc avait plus du double de son âge. C’était le père de sa meilleure amie. Et elle n’était pas comme ces filles qui fantasment sur un prof, ou… le père de leur amie.
Pendant que le dîner prenait forme, Mégane comprit une chose simple et vertigineuse : elle avait commencé cette conversation pour rapprocher Marc de Jessica. Mais c’était elle, maintenant, qui n’avait plus envie qu’il s’éloigne.
Quelque part en ville, sa mère n’était peut-être pas là où elle le croyait. Kevin non plus. Le monde continuait sans elle, plein de secrets qu’elle ne soupçonnait pas.
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