Histoire Erotique

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Alexis

Comment résister au tempérament fougueux et à la ruse d'Alexis, un garçon sublime de 19 ans qui n'hésite pas à vous renverser à vélo pour vous séduire ? Nous sommes seuls, il est presque nu, il me provoque en m'aguichant. Je ne peux lui résister, je cède...

Proposée le 13/04/2019 par artaban

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Thème: Couple, passion
Personnages: HH
Lieu: Forêt, campagne, nature
Type: Roman

XX. Alexis

Il y a déjà une dizaine d’année environ, vers la fin des années 2000, je travaillais à 25 kilomètres de chez moi. J’avais alors entre 35 et 40 ans.

J’avais pris l’habitude d’aller travailler le plus souvent possible en VTT, empruntant le chemin de halage d’un canal qui reliait pratiquement mon domicile à mon lieu de travail. Je n’avais pas de limites, je pédalais comme un dératé, hiver comme été, le plus rudement possible, harnaché de ce lourd sac à dos qui me servait de charge dans l’effort.

Sisyphe, nous avions tant de points communs, « il n’y avait pas de châtiment plus terrible que l’effort inutile et vain ». Je compensais des douleurs intérieures par une souffrance extérieure, et par la grâce de cette absurdité, « j’allais découvrir que la vie valait encore la peine d’être vécue » (A. Camus, le mythe de Sisyphe).

Si le chemin était bien entretenu par les VNF, j’y croisais peu de monde, tout au plus quelques rares promeneurs, quelques pêcheurs statiques et c’était pratiquement tout. C’était calme, bucolique et mes souffrances trouvaient là un apaisement. Quelquefois c’était difficile, surtout en automne et en hiver, mais dès le printemps revenu, la ballade devenait agréable et offrait parfois des surprises au beau milieu de cette nature qui s’éveillait.

Je croisais aussi des péniches dont je mémorisais la plupart des noms, certains étranges, d’autres prêtant à sourire, j’avais presque plaisir à en reconnaître une et de m’imaginer son parcours, toutes les péripéties qu’elle avait endurées depuis la dernière fois que nous nous étions dit bonjour. Il y avait aussi deux écluses dont l’une était assez importante, il faut préciser qu’il s’agît là d’un canal à grand gabarit.

A environ 500 mètres de cette dernière, il y avait une petite propriété qui ne payait pas de mine, un peu isolée, à l’écart de toute chose, j’oserais même dire à l’écart du temps. On ne pouvait l’atteindre que par ce chemin de halage depuis la grande écluse, ou plus discrètement, je l’appris plus tard, par un véritable petit dédale de chemins vicinaux depuis le village voisin, connu seulement de quelques initiés.

Elle n’était pas secrète, mais juste discrète.

Elle devait certes cette discrétion à son emplacement, mais également à d’anarchiques haies de sureaux qui poussaient tout autour, sans souci d’entretien des propriétaires. L’habitation, une petite maison à étage, était disposée parallèlement au canal, à environ une quinzaine de mètres de la berge, dont elle était juste séparée par ce chemin sur lequel je circulais. De mémoire, je ne me souviens pas d’avoir une seule fois vu son portail clos, et moins encore ses habitants malgré des preuves évidentes d’occupation. C’est donc sans difficulté que l’on apercevait l’été dans la cour, quelques parasols, des chaises longues, un ou deux salons de jardin, un barbecue, et jamais plus de trois voitures à la fois. Quant aux habitants, même s’il ne semblait y avoir aucune volonté délibérée de se cacher, je ne devais sans doute jamais passer au bon moment pour les apercevoir.

Puis un jour, par une douce matinée d’été…

Cela faisait quelques jours qu’il faisait très chaud, et que la température allait crescendo d’une journée à l’autre. Ce matin-là, nous étions déjà à 20° vers 7h quand j’arrivais aux abords de la petite propriété. Je pédalais vite comme à mon habitude, pressé d’arriver, pressé de prendre une douche rafraîchissante, et la journée de travail pourrait commencer. Mais voilà, tout ne s’est pas passé comme d’habitude.

C’est à peine si j’ai eu le temps de l’apercevoir !

A hauteur du portail, il surgit de la cour, me coupa net la route alors que j’étais à pleine vitesse, et me percuta de plein fouet, me faisant chuter lourdement sur le chemin de gravier. Fort heureusement pour lui il me prit de côté, ce qui lui évita plus de dommages, mais il n’en resta pas quitte pour autant de s’affaler lui aussi sur le sol avec moi. Il ne l’avait pas fait exprès, juste un peu de précipitation au moment où il traversa le chemin pour gagner la berge, une serviette de bain à la main.

Moi aussi je m’en sortais bien. Dans ma chute, je me suis retourné sur moi-même et mon sac à dos amortit en partie le choc. Plus de peur que de mal pour l’un comme pour l’autre. Il se frottait le bras, mais ça avait l’air d’aller. Rapidement, il se releva et se précipita sur moi pour s’enquérir de mon état, l’air catastrophé, ne remettant pas en cause sa responsabilité de l’incident. Moi j’étais toujours par terre, comme une tortue pitoyablement retournée sur sa carapace, les pieds prisonniers de mes cale-pieds.

- Ça va m’sieur, ça va ? Vous n’avez rien ? Me lança-t-il en me tendant la main et m’aidant à me relever. Je suis désolé, j’n’ai pas fait attention en traversant, je ne vous ai pas entendu arriver, il passe tellement peu de monde par ici.

La voix était juvénile.

Je saisis cette main tendue, tandis que je sentis l’autre se poser doucement sur mon épaule. Je ne réalisai pas très bien à qui j’avais affaire, encore un peu secoué que j’étais par cette chute inattendue. A priori je n’avais rien, alors je me veux tout de suite rassurant.

- Non ça va, merci, plus de peur que de mal, c’est pas grave, ça arrive, j’aurais juste pu tomber à l’eau.

Je me redresse enfin debout, et là, je vois le petit bolide qui m’a envoyé valdinguer dans le décor.

Pour ce prix, je voulais bien recommencer !

C’était un très jeune homme, presque nu. Il avait pour tout vêtement, un slip gris à larges rayures bleues marine et une paire de tongs aux pieds. Ce n’était vraiment pas le genre de faune que je m’attendais à croiser dans ce no man’s land, encore moins pour me percuter en cette heure si matinale, ni surtout dans cette tenue ! De toute évidence, il comptait piquer une tête dans le canal. Pas très ragoûtant pour une baignade au sortir du lit, mais il faut de tout pour faire un monde !

La vision de cette perfection me fit reprendre mes esprits plus rapidement. Nous avons la même taille. Je lis un peu d’embarras dans son regard, mais le mien est encore plus grand et d’une nature différente, car là oui, pour moi c’est un vrai coup de foudre !
La beauté de son corps n’avait d’égal que la douceur veloutée de sa voix et ses manières attentionnées. En matière d’esthétique, je crois qu’on a tous un idéal qui nous est propre, et lui, il entrait dans mes canons du désir. C’était un p’tit rouquin qui me rappelait tellement quelqu’un que j’avais perdu autrefois. Les cheveux courts, du genre épais qui se coiffaient tous seuls sans avoir recours à une brosse ou un peigne. Ses yeux verts me capturèrent immédiatement, quant à son sourire ivoire, je succombai sans résistance, jetant les armes comme Vercingétorix aux pieds de César ! Comme François 1er à Pavie ! Comme tous les vaincus dans l’honneur, car contre un tel adversaire, il ne pouvait y avoir de déshonneur dans la rédition, quand on a contre soi une arme de séduction massive.

J’essayais de ne pas trop montrer mon trouble en voyant son corps presque dénudé. Abdominaux légèrement dessinés, tétons encore roses, et le reste, sur lequel je faisais tant d’effort pour ne pas poser les yeux trop ostensiblement ! Mais c’est difficile tant il est séduisant pour moi. La nature semblait avoir été généreuse, bref, l’option prémium à la naissance !

Quel âge pouvait-il avoir ? Pas plus de 22 ans c’est certain. Quant au minimum, pour une fois je séchais. 17 ? 18 ? 20 ans ? 16 ans qui sait ?

Il est mince et semble épilé. Quand il relève mon VTT, il me tourne le dos, se penche en avant, et fatalement je ne peux qu’admirer la plastique de ses fesses aux courbes sans défaut, ce slip qui en s’abaissant un peu, libère un sourire de maçon sans complexe, à faire bander un mort ! J’avale ma salive en me disant que je vais passer une très sale journée sans pouvoir me concentrer sur mon travail !

Je le rassure à nouveau, ça va ! Je profite même de la situation en posant fugacement et par concupiscence, une main amicale dans le creux de sa hanche qui n’avait d’amicale que le qualificatif. Elle rompt le contact avec cette douce peau, en glissant aussi lentement qu’il est possible de le faire sans éveiller la moindre méfiance de ce garçon. La pointe de mon majeur est la dernière à quitter à regret cette surface velouté et lumineuse, hijo de la luz.

- Encore une fois je suis désolé, j’allais me baigner dans le canal et je ne vous ai vraiment pas entendu arriver, c’est de ma faute.

- C’est rien, c’est rien, il n’y a pas de dégât, et tu…enfin vous n’avez rien non plus ?

- Non, ça à l’air d’aller, mais vous pouvez me tutoyer vous savez, ça ne me gêne pas !

Il sent que je ne suis pas fâché de l’incident, alors il se détend un peu.

- Tu peux me dire tu aussi… si tu veux, après tout, après un tel choc…

Il me sourit. Son épaule est un peu tuméfiée et il a quelques griffes sur le bras. Moi je me suis ouvert le genou, ça saigne beaucoup mais bon c’est pas grand ’chose, ça va vite sécher.

- Vous…Tu saignes viens, je vais te nettoyer la blessure, j’ai mon brevet de secouriste, me dit-il en souriant.

Il m’invita à le suivre chez lui, comment refuser, j’avais une laisse invisible autour du cou. Il marchait devant moi. La situation était difficile tellement j’étais hypnotisé par cette quasi nudité. Son slip ne cachait rien de ces formes et ne laissait aucune place à l’imagination. Je vais me retrouver en face de ses parents avec lui presque nu, et mon short qui lui non plus ne cache rien de mon état second, ça me déstabilisait, il me perturbait beaucoup. Nous entrâmes dans la cuisine et surprise personne !

- Tu es tout seul ?

- Mon père travaille normalement à l’écluse à 500 mètres.

« Normalement » ? Je comprenais mieux maintenant la situation de la maison, et pourquoi je n’y voyais jamais personne alors que tout semblait indiquer qu’elle était occupée. Ce n’était pas la petite écluse d’un petit canal, mais bien celle d’un à grand gabarit, avec un dénivelé de six ou sept mètres et deux bassins de circulation indépendants. Au milieu, il y avait même une sorte de tour de contrôle qui surplombait tout le site.

- Ta mère travaille aussi là-bas ?

- Non, elle est infirmière à l’hôpital, pas loin.

En effet, la grande ville était à quelques kilomètres.

- Je comprends maintenant pourquoi tu es secouriste, tu sais ce n’était pas très grave, ça pouvait aller. Ton père va s’inquiéter de voir entrer un inconnu chez vous depuis la tour !

- Penses-tu, ils sont partis en vacances tous les trois avec ma sœur ! Je garde la maison, j’avais pas trop envie de partir avec eux cette année, c’est pour ça aussi que j’allais me baigner dans le canal, s’ils avaient été là, ça aurait été un peu western. Ils ne rentrent que dans une semaine. Au fait, je m’appelle Alexis.

- Enchanté, moi c’est Damien.

Il me fit m’asseoir sur une chaise et sortit une trousse de secours d’une armoire. Il ne se rhabilla pas pour me soigner. Ça me troublait beaucoup, je le voyais s’agiter devant moi, et j’avais du mal à garder mes idées claires, mais surtout, j’éprouvais de plus en plus de difficultés à ne pas poser mes yeux sur son corps si parfait et sur ce slip dont les rayures accentuaient les lignes de tout ce qu’il contenait. Il ne me semblait pas conscient de l’effet qu’il produisait, et encore moins provocateur, non, peut-être était-il un peu naïf, mais j’en doutais. Finalement, il passa quand même un teeshirt trop court, mais resta en sous-vêtement, quand il se redressait, son nombril dépassait encore.
Devais-je lui dire à quel point il m’excitait en s’accroupissant et en se relevant sans cesse ? Je voyais clairement ses testicules qui dansaient quand il se baissait, son sexe qui gigotait dans cet écrin si fin, on aurait pu deviner la religion tellement le tissu épousait parfaitement la forme de ce qu’il y avait derrière.

Il commença par retirer ma chaussure, pourquoi ? Mauvais présage ! Le genou ce n’était pas là, ou alors il avait une conception très personnelle de l’anatomie. Mais comme un con, je me laissai faire, je n’avais même plus de volonté propre face à ce garçon qui m’entraînait en enfer sans s’en rendre compte, telle Eurydice mordue par le serpent mais sans un Orphée pour me sauver.

Il sortit du coton et du mercurochrome de la trousse et souleva ma jambe en la prenant par le talon qu’il posa sur sa cuisse nue. Il n’y avait plus que cette maudite chaussette de sport qui le séparait encore de ma peau. Il arracha quelques touffes blanches au paquet et les imbiba du liquide rouge salvateur.

Sa main chaude tenait maintenant mon mollet. Ça y est ! Il avait établi ce contact charnel que je désirais tant. Je la sentis monter en glissant derrière ma jambe, gravissant cet Everest interdit pour se caler derrière mon genou. C’était maintenant un incontrôlable ouragan hormonal à l’intérieur de moi dont je sentais les effets malsains qu’il produisait à l’extérieur. Je chauffais et il ne pouvait que s’en apercevoir.

- Je suis perdu ! Me disais-je, il va bientôt remarquer quelque chose.
Il leva la tête et me regarda en souriant.

- On dirait que tu ne te sens pas bien, me dit-il, tu palis.

- Non, ça va. Lui répondis-je.

Je mens très mal.

- Je te mets mal à l’aise ? Me lança-t-il avec un sourire narquois.

Cette franchise me déstabilisa, je ne cherchai pas à lui mentir, comme si l’on m’avait injecté du penthotal, le sérum de vérité.

- Un peu… beaucoup même, répondis-je penaud.

- Je fais souvent cet effet-là, on me l’a déjà dit. C’est parce que je ne suis pas très habillé ?

- Il y a de ça. Je vais pas te mentir, je te trouve très beau. Tu me perturbes.

- Trop beau ?

- Très beau !

Il tamponnait délicatement mon écorchure, j’avais de plus en plus un mauvais pressentiment. Il a vu ! Il ne semblait pas déstabilisé par mon état, je le trouvais même effronté, hardi !

Quand il eut fini, il ne lâcha pas ma jambe comme si ça lui était impossible ou qu’il avait prévu de ne pas le faire. Au contraire, il posa son autre main juste au-dessus du genou, puis il remonta jusqu’à la lisière de mon short en me regardant droit dans les yeux. Il faisait des vas-et-viens indécents sur ma cuisse. En ces circonstances, ce sont des caresses, c’était très mauvais signe et très mal venu.

- Tu ne me laisses pas indifférent non plus, me dit-il avec un sourire satisfait.

- Tu as quel âge pour dire cela ?

- 19 ans.

- J’ai presque le double !

- Et alors ? Ça gêne en quoi ? Deux fois 19 ça ne fait jamais que 38.

Ses mains étaient fines, douces au contact. Il avait des doigts de pianiste. Un détail me surpris, si je pouvais encore être surpris ce matin, il était manucuré à la perfection. C’est signe de raffinement. Je ne savais pas à qui j’avais véritablement affaire, mais il était tout, sauf le fils d’un simple éclusier.

Comment lui dire qu’il me faisait envie, mais que je ne voulais pas être celui qui prit l’initiative. A tout bien peser, je crois qu’il n’y avait plus qu’à laisser faire sans ne rien provoquer.

Ses caresses étaient de plus en plus appuyées, il ne se contentait plus du dessus de ma cuisse, mais s’égarait aussi sur le côté, jusqu’au creux de l’aine. Sa respiration avait changé. Il était maintenant d’un calme olympien faisant montre d’une incroyable domination sur lui-même, maîtrisant chaque geste, chaque caresse qui semblait anodine alors qu’il était en train de me faire du rentre-dedans ! C’était comme s’il trouvait ça naturel.

Sa main remonta encore plus haut et finalement entra dans mon short par le bas. La situation était surréaliste. J’étais assis sur une chaise, un gamin à moitié nu à mes pieds qui fouillait dans mon short, à la recherche de mon sexe qu’on ne pouvait ignorer tellement il était tendu sur l’instant ! Sa main resta au-dessus de mon slip, et il caressa délicatement et doucement mes parties génitales, avec le risque que je ne contrôlasse plus rien ! Comment ce gamin pouvait-il être à ce point imprudent !

- Que fais-tu ?

- Je me fais pardonner.

- C’est…

- …agréable ?

Mon sexe gonfla et se durcit encore plus qu’il ne l’était déjà.

Finalement il s’arrêta, ressortit sa main et nous nous relevâmes tous les deux.
Nous étions de même taille, alors les yeux dans les yeux, ses lèvres s’approchèrent des miennes, les miennes allèrent aussi à leur rencontre, et finalement, elles entrèrent en contact. Je fondis littéralement. Quand nos langues se touchèrent par la pointe, ma main descendit et entra dans ce slip qui me perturbait tant. A mon tour, je fouillais dans ses poils, trouvant trop facilement ce sexe long, fin et déjà bien dur. Ma main le caressa de haut en bas, de bas en haut tout le temps que dura ce baiser inapproprié. Elle fit même le tour de son bassin pour caresser l’une de ses fesses si fermes. Quand nous décollâmes nos lèvres, je retirai ma main en glissant le long de son dos sous son teeshirt.

- Je suis désolé, je n’aurais pas dû, lui dis-je tout embarrassé.

- Pourquoi ? Au contraire c’était très agréable, je crois même que je vais renoncer à me baigner dans le canal, me répondit-il d’une voix suave, ton odeur est sur moi, ça serait dommage…

J’eus un déglutissement qui trahît encore plus mon malaise intérieur.

Je le remerciai pour le soin, mais pas pour le reste, ne pouvant m’empêcher de me retourner une dernière fois en sortant de la maison.

- Je suppose que ce soir tu repasses devant ? Vers quelle heure ? Me demanda-t-il.

- En effet, vers 5 heures.

- Je t’attendrai.

Je sortis de la maison, enfourchant mon vélo, et sans me retourner je pédalai aussi vite que je pouvais, extrêmement perturbé par ce qu’il venait de se passer, incapable de mesurer la portée de cette ellipse temporelle que je venais de vivre, car la mesure du temps durant ce moment ne répondait plus aux lois physiques de notre univers.

Devant l’ordinateur de mon bureau, je regardais mes mains. Elles me semblaient terriblement grossières et vulgaires quand je repensais aux siennes. En arrivant, mes collègues avaient tout de suite remarqué qu’il y avait quelque chose d’anormal dans mon comportement, alors, pour leur donner le change, je racontai que j’étais simplement tombé, ce qui n’était pas faux en soi, et les écorchures en témoignaient.
Toute la journée, je me repassai cet improbable film du matin, me demandant même si tout cela avait été bien réel ou si j’étais en train de perdre la raison. Alexis, Alexis, je me répétais son prénom, je revoyais ses yeux verts, ses cheveux roux, sa peau si douce, je me remis à penser à François d’autrefois, j’avais mal au cœur finalement, car ce moment de grâce était venu ranimer des souvenirs douloureux, et je réalisai que je n’avais aucune photo de mon premier amant disparu depuis vingt ans, et là, j’étais presque face à son clone de ma mémoire.

Quand la journée fut terminée, j’hésitai à reprendre le même chemin dans l’autre sens. J’avais peur d’être déçu s’il n’était pas au rendez-vous, comme il l’avait promis. En fait, je n’allais pas à la rencontre d’Alexis, j’allais à celle d’un fantôme du passé. Les mêmes yeux, le même sourire, la même chevelure.

En passant l’écluse, je vis de loin qu’il était devant le portail. Il m’attendait bien comme promis, appuyé sur le poteau. Cette fois il était un peu plus habillé, un short, un teeshirt et des Vans bleues marine aux pieds. Il me sourit quand j’arrivai. Je ne savais pas ce que je devais faire, quelle attitude adopter.

- Tu es à l’heure, me dit-il, j’avais peur que tu ne reviennes pas.

- Pourquoi ?

- Je reconnais que j’ai été un peu direct ce matin.

- Je me doute bien que tes gestes de ce matin, ce n’était pas parce que tu avais flashé sur moi n’est-ce pas ?

- Qu’est qui te fait croire ça ?

- Tu es un escort, non ?

Il eut un silence.

- Comment tu as deviné ?

- Tes manières raffinées et prévenantes quand tu m’as soigné, tes mains manucurées, tes poils bien taillés, tout un tas de choses, la douceur de ta peau, le calme et la maîtrise de tes gestes peu anodins. Tu as des caresses de professionnels.

- Ah ?

- Tu n’allais pas te baigner ce matin n’est-ce pas ?

- Non, c’est vrai.

- Ça ne collait pas avec le reste, je te voyais mal te plonger dans cette eau saumâtre et polluée, alors que tu déploies tant d’efforts pour prendre soin de ton corps. Tu te prostitues en fait, je me trompe ?

- Tu es malin je vois, me dit-il sans se démonter.

- Je suppose que le choc avec moi était intentionnel aussi ? Tu me vois passer chaque matin et chaque soir, alors tu t’es dit que j’étais un client potentiel et régulier.

- Bien vu, je m’incline ! Me dit-il avec un sourire ironique.

- En fait tu es certainement étudiant, et tu fais ça en ville, mais là c’est les vacances, alors ça veut dire aussi moins de rentrée d’argent.

- Je vois que je suis tombé sur un spécialiste on dirait ?

- J’ai été jeune, je me suis vendu aussi.

- Alors un ex confrère ?

Il me met face à mon passé et me fait comprendre sans le savoir que la roue a tourné. Je me rappelai alors combien ça m’était facile quand j’étais jeune, d’aguicher des hommes plus âgés pour quelques billets et un peu de semence répandue. Ma foi, si son tarif n’était pas trop élevé, sauf qu’on est passé à l’euro depuis, et que les jeunes sont des hédonistes doués en affaire aujourd’hui et certainement pas philanthrope.

- Et tes parents ?

- Non, là tout était vrai, ils sont en vacances.

- Je suppose que si je veux une relation intime avec toi maintenant ça va me coûter la blinde ?

En guise de réponse, il lâcha un petit soupir en souriant, s’avança vers moi, et quand il fut à ma hauteur :

- Alors t’as vraiment rien compris pauvre con !?

Il passa sa main derrière mon cou et colla de nouveau ses lèvres sur les miennes, m’embrassant fougueusement comme on embrasse un amant. Surpris, c’était décidément la journée, j’écartais mes bras, les laissant pendre dans le vide, savourant le moment qui passait. Carpe diem ! Nos bassins se touchèrent, tellement nous étions proches. Il posa son entrejambe sur ma cuisse, et là, je sentis que ce n’était pas une simple tentative de racolage.

Puis il relâcha son étreinte et me regarda droit dans les yeux, posant ses mains sur mes joues, son front sur le mien en poussant délicatement ma tête contre la sienne. Il me susurra tout doucement en souriant :

- Non, t’as vraiment rien compris je vois ! Tu as donc si peu d’estime pour toi que l’idée qu’on puisse te désirer rien qu’à te voir passer ne t’effleure même pas ?

- Alex…

Il m’embrassa de nouveau, aspirant ma lèvre supérieure avec les siennes.

- Je ne sais pas si je t’aime vraiment, mais oui ce matin c’était fait exprès, oui je t’ai fauché pour établir un contact avec toi. C’était juste un prétexte, oui je suis peut-être une putain en ville, mais j’ai aussi le droit d’aimer à la campagne.

- Mais pourquoi ?

- Ça fait trois semaines que je suis en vacances, que j’te vois passer, que toi tu ne me vois pas à la fenêtre. Que je te regarde dans l’effort, suer, serrer les dents en montant l’écluse. Je suis assis sur le banc et là non plus tu ne me remarques pas. Tu ne regardes plus autour de toi ! Ça ne me laisse pas indifférent, je dirai même que ça me fait de l’effet. J’ai envie de toucher, de voir, je connais le goût des hommes, mais pas ceux que j’aime, juste ceux qui payent, des hommes sans sentiment, des bites sur pattes pleins aux as qui croient pouvoir tout se payer juste parce qu’ils ont de l’argent ! T’es peut-être pas le plus beau, pas le plus riche, mais je te sens très malheureux, t’as le regard vide quand tu pédales, comme si tu ne croyais plus en rien, et ça, ça me touche !

- C’est vrai, lui dis-je en baissant le regard.

- Tu consommes ta défaite sans ne plus te battre. On dirait que tu n’as plus envie de rien ! Que tu as perdu tous ceux que tu aimais…

- Je ne sais pas quoi te répondre.

- Alors ne dit rien viens, j’ai juste envie, avec toi, maintenant, ici, viens, s’il te plaît.
Il me prit par la main et je le suivis dans la maison, et cette fois, il avait refermé le portail derrière nous. J’ai laissé tomber mon vélo par terre, puis mon sac-à-dos dans la cuisine, et nous sommes allés dans sa chambre.

Devant son lit, je lui retirai ses vêtements et il fit de même avec moi. Nous étions nus l’un et l’autre, face-à-face, nos sexes dressés se touchant, le sien plus vertical peut être, plus courbé, tout rose, tout pâle. Il était magnifique celui qui devenait mon amant.
Effectivement, ma main ne m’avait pas menti ce matin quand j’avais osé fouiller. Il me renvoyait mon image vingt ans auparavant, jour pour jour, puisque nous étions le 19 juillet. Je me revoyais en lui, une vingtaine d’années plus tôt, quand je m’offris à cet homme pour la première fois contre un peu d’argent et quelques coups de ceinturon, et ce jeune homme au contraire, qui avait tant l’habitude de monnayer son corps, s’offrait à moi pour rien et dans la douceur.

A la manière qu’il avait de m’enlacer, je sentais bien qu’il ne feignait pas son attirance. Quant à moi, si je m’étais dit ce matin-là en me levant, que le soir je ferai vraiment l’amour avec un gamin de 19 ans, du moins c’était bien parti.

Alexis me caressa le bas du dos alors que nous étions face à face, l’un contre l’autre. Corps à corps, cœur à cœur. Ses bras passèrent sous les miens pour attraper mes épaules par derrière, et moi je lui caressai le creux des reins, tandis que nous nous nous embrassions. Pour la première fois depuis longtemps, j’éprouvais des sentiments.

J’allais même jusqu’à frotter mon visage contre le sien, sentant juste quelques poils d’une barbe naissante sur le bout de son menton.

Les pointes de mes doigts jouaient une partition de musique le long du sillon de sa colonne vertébrale, comme sur le clavier d’un piano, montant et descendant sans arrêt la gamme, se hasardant parfois dans la commissure de ses fesses sans oser encore aller plus bas, survolant cette vallée interdite dont j’essayais de dessiner mentalement la carte, avec pour seul repère ces sensations tactiles, sans ne jamais en violer le fond. Il reproduisait mes gestes sur moi. Je percevais alors le bien que je lui faisais, s’il ressentait ne serait-ce que le dixième de ce que moi je ressentais pour les mêmes attouchements.

Bien sûr, il y avait un ailleurs que nous évitions, comme pour ne pas céder à la tentation facile de se soulager trop rapidement, que ce ne soit pas vulgaire. Ni lui, ni moi ne posions nos mains dessus… pour le moment, c’est à peine si nos sexes existaient.
A chaque passage en bas de sa colonne, je ne pouvais réfréner ce réflexe de prendre ses fesses dans mes mains, les soutenant par-dessous tellement elles étaient rondes, comme le soutien-gorge pigeonnant d’une femme soutient les seins. Elles étaient rondes et chaudes, si fermes, si douces. Il appuyait alors sa tête sur ma poitrine et semblait dormir contre moi. Des petits ronronnements de satisfaction sortaient de sa poitrine, comme un petit chat. Le temps se suspendait à nouveau. Mes doigts glissaient en dessous, dans cet espace si intime que j’affectionne tant. Il me massa à son tour cette petite cicatrice naturelle. Il s’amuse là avec les poils que j’ai et qu’il n’a pas encore, ou plutôt qu’il a rasé.

Je me suis assis sur le bord de son lit, et lui est venu s’asseoir sur mes cuisses, face à moi, les genoux sur le lit. Nos sexes ignorés jusque-là se touchèrent à la verticale. Corps à corps. La cambrure de ses reins dont la jeunesse avait seule l’apanage offrait un terrain propice à mes mains pour partir en exploration. Je forçais cette cambrure pour que son ventre se rapprocha du mien, pour sentir encore plus sa chaleur impudique. Une main en bas, une autre en haut caressant son dos.

Je commençais à l’aimer. Ça me faisait peur. Je savais que ce n’était pas bon pour moi de m’attacher si vite, ce matin encore je ne le connaissais pas, et je me posais plein de pourquoi. Je me justifiais en me disant comme Montaigne pour La Boétie : « Parce que c’était lui, parce que c’était moi ». Je devais trop lire.

Il me poussa à la renverse sur son lit, je me laissai faire tombant les bras écartés. Il me dominait. Je m’imaginais au pouvoir suprême de l’Etat et lui, mon garde du corps, abusant de sa force, juste parce que je le voulais, parce que je me soumettais, moi le puissant sur les esprits, lui le puissant sur les corps. J’étais allongé sur le dos maintenant, et lui toujours assis sur mes cuisses. Il commença à me prodiguer un massage tantrique qu’il avait déjà dû pratiquer sur de nombreux clients, mais je n’en n’étais pas un semblait-il. J’étais plus que cela. Il m’avait donné une procuration su son corps ! Il sortit une petite fiole d’huile magique et m’enduisit le membre pour mon seul plaisir avec un tel raffinement dans ses gestes. Sa main coulissait mieux que le corps d’un vérin sur sa tige.

Je le regardai. Il était nu mon Alexis, si beau. Après quelques va-et-vient, il s’affala de nouveau doucement sur moi.

Son corps, son ventre, son sexe remplacèrent maintenant ses mains, et j’osai enfin passer les miennes dans la vallée interdite, sentant tout son relief infundibuliforme. Au simple toucher et par l’expérience que j’en avais, je savais que personne n’était jamais entré dans l’antre sacrée de ce garçon, précieuse virginité qu’il avait su préserver malgré son commerce avilissant. Tout au plus devait-il simplement se laisser toucher pour quelques billets marrons ou verts, rouges peut-être pour le prix de son pucelage, lui le professionnel toujours vierge. Il s’agitait, moi je ne bougeais pas, et ses seuls mouvements nous profitaient à tous les deux. De nouveau, nos lèvres fusionnèrent, et cette fois, il nous était impossible de nous séparer. Il pleurait.

- Pourquoi ? Demandai-je

- Je t’aime, j’aime pour la première fois.

- Moi aussi je t’aime.

Je ne sais pas pourquoi mais je l’aime ce garçon.

Nos caresses devinrent plus fortes, plus intenses, plus sophistiquées, plus raffinées. Il se redressa, se repositionna pour s’empaler doucement sur moi. Il serrait les dents. La première fois ça fait un peu mal, mais c’est lui qui était aux commandes, c’est lui qui faisait ce qu’il voulait. Je sentais cette chaleur veloutée qui enveloppait mon sexe désormais et qui me menait à la sublimation.

Il reprit les mêmes mouvements, toujours en douceur. Il avait trouvé son équilibre. J’ai mes bras autour de lui, de ses reins, de son cou. Je le serrais contre moi tandis que nous nous embrassions, et qu’il continuait ses allers-retours pour me faire jouir et jouir avec moi.

Lui ne tenait plus, ses yeux se révulsèrent, il prit appui sur le lit, se redressa un peu, son dos se creusa si fort quand sa tête partit en arrière, et mon ventre commença à recueillir sa semence qui giclait par saccade jusqu’à mon cou. Il n’eut aucun cri, mais son souffle était si puissant, il eut un râle qui vint de l’intérieur, un orgasme. Cette image à elle seule déclencha en moi les spasmes de ma propre libération. Je me vidai en lui presque en même temps. Malgré son propre plaisir qui se termina, il continua ses mouvements pour que le mien atteignît son paroxysme à son tour.

Quand il sentit que je ne donnai plus rien, il retomba sur moi, m’embrassa encore et encore, en pleurant. Ce petit con m’arracha des larmes aussi.

Je ne sais pas combien de temps nous restâmes ainsi.

- On doit se revoir Damien, il le faut ! Me dit-il.

- Je sais.

Je ne savais pas où était sa blessure pour qu’il me désira à ce point, pour que ce fût si intense ce soir-là entre nous qui n’étions que des inconnus. Je pressentais qu’il y avait autre chose derrière.

Qui était vraiment Alexis ? Me demandai-je.

Après l’avoir quitté, j’ai parcouru deux cents mètres, et je m’arrêtai sur la berge. De mon sac à dos, je sortis une enveloppe qui contenait une carte de vœux. Je l’ai regardé quelques instants, de longs instants. J’avais oublié de la poster avant de m’engager sur le canal, perturbé que j’étais en passant devant la boite à lettres. Elle était adressée à un certain Jacky. Nous étions le 19 juillet 2007. Je l’ai déchirée et j’ai jeté les morceaux dans le canal. Je ne sais pas pourquoi j’ai fait cela.

C’était la dernière fois, sans doute parce qu’il en fallait une. J’entamais une nouvelle phase de ma vie.

Demain ne sera sans doute pas un autre jour.


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Commentaires de l'histoire :

jpbe01
Super beau, excitant, bravo
Posté le 13/04/2019


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